TOKYO, 23 mai 2024 (WAM) - Une équipe de recherche de l'Université de Tokyo a déclaré jeudi avoir détecté des accumulations de protéines supposées causer la maladie d'Alzheimer dans des échantillons de sang prélevés sur des Japonais présentant des symptômes légers ou inexistants, ce qui pourrait ouvrir la voie à un diagnostic plus facile et plus précoce de la maladie.
La maladie d'Alzheimer est la forme de démence la plus courante. Il s'agit d'une maladie progressive qui commence par une légère perte de mémoire et peut conduire à la perte de la capacité à tenir une conversation et à réagir à l'environnement.
Des résultats prometteurs pour un diagnostic plus précis
Les résultats, publiés dans la revue Alzheimer's Research and Therapy, sont basés sur la première étude à grande échelle ciblant des Japonais. Ils suggèrent qu'une simple analyse de sang pourrait permettre de détecter plus efficacement les premiers stades de la maladie d'Alzheimer, qui seraient causés par l'accumulation de protéines bêta-amyloïde et tau dans le cerveau et la destruction des cellules nerveuses.
Cette avancée est particulièrement prometteuse, car un nouveau médicament contre la maladie d'Alzheimer, Leqembi, développé conjointement par la société japonaise Eisai Co. et la société américaine Biogen Inc., a été lancé au Japon l'année dernière pour les patients présentant des accumulations de protéines bêta-amyloïdes.
Cependant, l'utilisation de Leqembi nécessite actuellement des scanners et des ponctions lombaires, des procédures invasives et coûteuses qui limitent l'accès au traitement. Un test sanguin simple pourrait donc révolutionner le diagnostic et le traitement de la maladie d'Alzheimer.
L'étude démontre la faisabilité d'un diagnostic par analyse de sang
L'équipe de recherche de l'Université de Tokyo a analysé des échantillons de sang de 474 Japonais, dont certains présentaient une légère déficience cognitive. Ils ont mesuré les niveaux de protéines bêta-amyloïde et tau et ont ensuite utilisé ces mesures, en conjonction avec des informations cliniques telles que l'âge et le sexe, pour prédire les résultats des scanners cérébraux.
Les résultats de l'équipe ont été remarquablement précis, ce qui suggère que la simple analyse de sang pourrait être un outil efficace pour le diagnostic précoce de la maladie d'Alzheimer.
Vers un diagnostic plus précoce et un traitement plus efficace
Le professeur à l'Université de Tokyo et responsable de l'étude, Takeshi Iwatsubo, a souligné qu'il était auparavant "considéré comme difficile" de détecter l'accumulation de protéines chez les personnes asymptomatiques.
Bien que des scanners et d'autres tests soient encore nécessaires pour confirmer le diagnostic de la maladie d'Alzheimer, Iwatsubo a exprimé son espoir que "l'étude conduira à l'avenir à un diagnostic très précoce à l'aide de tests sanguins".
Cette découverte prometteuse pourrait avoir un impact significatif sur la lutte contre la maladie d'Alzheimer, en permettant un diagnostic plus précoce et un traitement plus efficace, améliorant ainsi la qualité de vie des patients et de leurs familles.
Impact potentiel sur la prévalence de la maladie d'Alzheimer au Japon
La maladie d'Alzheimer est la forme de démence la plus répandue au Japon. Selon les projections, 4,71 millions de personnes âgées au Japon souffriront de démence d'ici à 2025, et ce chiffre devrait atteindre 6,45 millions d'ici à 2060, soit environ une personne sur six âgée de 65 ans et plus.
L'adoption d'un test sanguin simple et peu coûteux pour le diagnostic précoce de la maladie d'Alzheimer pourrait contribuer à mieux gérer la prévalence croissante de la maladie dans le pays et à améliorer les soins aux patients atteints.
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