LONDRES, 30 juillet 2024 (WAM) - Des chercheurs de Guy's and St Thomas', ainsi que du King's College de Londres, ont découvert qu'une bactérie pourrait améliorer les résultats pour les patients atteints de cancer de la tête et du cou.
Fusobacterium, généralement associée à la progression du cancer colorectal, a montré des effets contraires dans le cas des cancers de la tête et du cou, selon une étude publiée dans Cancer Communications. Les chercheurs ont révélé que cette bactérie détruit les cellules tumorales et pourrait servir de biomarqueur pour prédire la réponse des patients au traitement.
Le cancer de la tête et du cou, sixième cancer le plus fréquent au monde, touche environ 1 000 personnes chaque mois au Royaume-Uni. Les taux de survie varient considérablement en fonction de l'étendue du cancer au moment du diagnostic, et peu de progrès thérapeutiques ont été réalisés au cours des deux dernières décennies.
Une collaboration internationale, dirigée par le Dr Miguel Reis Ferreira, consultant en cancers de la tête et du cou à Guy's and St Thomas', a montré que les patients présentant des niveaux élevés de Fusobacterium, couramment trouvée dans la bouche, avaient systématiquement un meilleur pronostic que ceux avec des niveaux plus faibles de la bactérie.
Le Dr Anjali Chander, chargée de recherche clinique au King's College de Londres, a observé une réduction de 70 à 99 % du nombre de cellules cancéreuses viables dans des cultures de cellules de la tête et du cou infectées par Fusobacterium. La bactérie détruit les cellules tumorales en libérant des molécules toxiques, réduisant ainsi leur viabilité.
Cette recherche approfondit les connaissances sur l'interaction entre les bactéries et les cancers, marquant une première étape vers l'optimisation des traitements pour les patients atteints de cancers de la tête et du cou, avec des thérapies potentiellement moins agressives et moins d'effets secondaires. Fusobacterium pourrait également servir de biomarqueur prédictif de l'efficacité du traitement.
Le Dr Chander a déclaré : « Nos résultats sont remarquables et très surprenants. Nous avons ressenti une véritable euphorie en découvrant que nos collègues internationaux avaient également trouvé des données corroborant notre découverte. » Cependant, cette découverte doit être mise en perspective avec le rôle connu de Fusobacterium dans l'aggravation de certains cancers, tels que le cancer colorectal.
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