La femme jordanienne au cœur du changement : des avancées législatives et un renforcement inédit de l’autonomisation

AMMAN, 28 mars 2025 (WAM) – L’année 2024 a marqué un tournant décisif dans le parcours de l’autonomisation de la femme jordanienne, avec la réalisation d’avancées sans précédent dans divers domaines, traduisant concrètement la vision royale de Sa Majesté le Roi Abdallah II, Souverain du Royaume hachémite de Jordanie, et sa foi profonde en la femme comme partenaire essentielle dans la construction de la nation et la réalisation du développement durable.

Depuis la fondation de l’État, la femme jordanienne a toujours constitué un pilier fondamental du processus de développement, mais son rôle a connu en 2024 une progression exceptionnelle, culminant par des acquis tangibles qui ont renforcé sa présence sur les scènes politique, économique et législative.

Sur le plan politique, le Royaume a enregistré une avancée majeure en matière de représentation féminine au sein de la Chambre des représentants, avec l’élection de 27 femmes au 20e Parlement – soit la plus forte représentation féminine de l’histoire parlementaire jordanienne, représentant 19,6 % des sièges.

Ce progrès découle des réformes substantielles apportées aux lois électorales et sur les partis politiques en 2022, qui ont réservé 18 sièges aux femmes dans les listes locales (quota) et imposé aux partis une représentation féminine d’au moins 20 %. Le système de soutien financier aux partis a joué un rôle clé en incitant les femmes à se porter candidates, ce qui a porté leur taux de participation à 44,2 %.

L’empreinte féminine s’est également affirmée au sein du Parlement, où quatre femmes ont présidé des commissions parlementaires, dix ont occupé des postes de présidence ou de rapporteure, et quatre autres ont exercé des fonctions similaires au Sénat. Deux femmes ont en outre été élues assistantes du président du bureau permanent des deux chambres.

En 2024, le gouvernement jordanien a adopté un ensemble de lois et de règlements majeurs visant à renforcer les droits des femmes et à garantir leur protection et leur autonomisation de manière inédite. Parmi les textes les plus marquants figure la loi n°4 sur le développement social, qui prévoit des services de soins et de protection pour les femmes en situation de risque ou victimes de traite, ainsi qu’une modification de la loi sur la sécurité sociale permettant aux veufs de percevoir une partie de la pension de leur épouse décédée, en vue de renforcer la protection sociale des familles. Une autre modification à la loi sur le travail a porté la durée du congé de maternité à 90 jours dans les secteurs public et privé, tout en interdisant le licenciement des femmes enceintes, contribuant ainsi à la stabilité professionnelle des femmes actives.

Dans une optique de renforcement de la participation féminine sur le marché du travail, le gouvernement a mis en œuvre le règlement n°44 sur le travail flexible, qui offre diverses options permettant aux femmes de concilier leurs responsabilités professionnelles et familiales. Il a également lancé un système de protection sociale lié à l’assurance maternité, garantissant une allocation de garde d’enfant pendant six mois, et approuvé une nouvelle législation régissant les crèches, précisant les critères de leur établissement afin de permettre aux mères de travailler en toute sérénité.

Par ailleurs, l’amendement du règlement n°60 sur les prestations d’assurance de la Caisse de sécurité sociale a supprimé l’obligation de prouver la dépendance financière pour les femmes divorcées ou veuves, leur offrant ainsi davantage d’autonomie financière.

Ces efforts ne se sont pas limités au cadre législatif : une aide juridique a été mise à disposition des femmes nécessiteuses via le système d’assistance juridique du barreau jordanien.

Des mesures concrètes ont également été prises pour renforcer la participation économique des femmes, avec l’obligation pour les entreprises d’inclure au moins 20 % de femmes dans leurs conseils d’administration. De nouvelles politiques ont été adoptées pour favoriser l’accès des entreprises détenues ou dirigées par des femmes aux marchés publics.

Le gouvernement a lancé une plateforme électronique de contrat unifié visant à garantir les droits des enseignantes dans les écoles et jardins d’enfants privés, et a approuvé une politique de protection contre la violence et le harcèlement en milieu de travail. Des études approfondies sur l’identité économique des femmes et la violence économique à leur encontre ont été lancées, ainsi qu’un processus d’adoption d’une définition unifiée des entreprises féminines pour mieux soutenir leur insertion économique.

Ces réformes ambitieuses ont eu un impact positif sur les indicateurs internationaux. La Jordanie a progressé de 9 rangs en 2024, atteignant la 115e place sur 146 pays dans l’indice mondial de l’écart entre les sexes – volet de l’autonomisation politique. Le Royaume a également vu son score s’améliorer dans l’indice "Women, Business and the Law (WBL)", atteignant 59,4 sur 100 points, soit une hausse de 12,5 points par rapport à 2023, se classant 161e sur 190 pays. Cet indice évalue le cadre juridique affectant les opportunités économiques des femmes.

La Jordanie a également gagné 14 places dans l’indice de l’égalité salariale entre les sexes pour un travail de valeur égale, se classant 18e en 2024, avec un score passé de 0,713 à 0,745. En outre, le Royaume s’est classé premier au niveau arabe en nombre d’entreprises adhérant aux Principes d’autonomisation des femmes (WEPs), avec 188 entreprises inscrites sur un total de 10 444 à l’échelle mondiale.

Enfin, la femme jordanienne a reçu un hommage royal remarquable : à l’occasion du 78e anniversaire de l’indépendance, trois femmes ont été décorées de l’Ordre du roi Abdallah II pour l’excellence, et quarante autres ont reçu la médaille du jubilé d’argent en reconnaissance de leurs services au pays et à la société.

Ces réalisations reflètent l’engagement ferme de la Jordanie en faveur du soutien aux femmes et du renforcement de leur rôle dans le développement national. À mesure que ces efforts se poursuivent, le Royaume s’oriente résolument vers un avenir plus équitable, où la femme jordanienne, aux côtés de l’homme, demeure un acteur clé de la renaissance économique et sociale globale.

D'après le bulletin féministe de l’Agence de presse jordanienne, dans le cadre du dossier de service médiatique féminin de la Fédération des agences de presse arabes (FANA).