Les Émirats arabes unis appellent à une « action concrète et collective » pour sauver des vies lors de la Conférence de Londres sur le Soudan

LONDRES, 15 avril 2025 (WAM) – Lana Nusseibeh, ministre adjointe chargée des affaires politiques, a conduit la délégation des Émirats arabes unis à la Conférence sur le Soudan, organisée à Londres. La rencontre a été coparrainée par le Royaume-Uni, l’Allemagne, la France, l’Union africaine et l’Union européenne.

La conférence a réuni des ministres des Affaires étrangères ainsi que des représentants de haut niveau du Canada, du Tchad, de l’Égypte, de l’Éthiopie, de la France, de l’Allemagne, du Kenya, du Royaume d’Arabie saoudite, de la Norvège, du Qatar, du Soudan du Sud, de la Suisse, de la Türkiye, de l’Ouganda, du Royaume-Uni et des États-Unis, ainsi que des représentants éminents de l’Union africaine (UA), de l’Union européenne (UE), de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), de la Ligue des États arabes et des Nations Unies.

Lors de son intervention, Lana Nusseibeh a exposé les conséquences dévastatrices du conflit que subit toujours le peuple soudanais, notamment les atrocités généralisées, les violences sexuelles systématiques, l’utilisation présumée d’armes chimiques et l’entrave ainsi que l’instrumentalisation de l’aide humanitaire.

Les Émirats arabes unis ont fermement condamné ces actes et ont appelé à la reddition de comptes pour toutes les violations du droit international humanitaire, y compris les attaques récentes contre les civils au Darfour et les violences brutales dans les camps de Zamzam et d’Abu Shouk, près d’El Fasher.

La ministre adjointe a plaidé en faveur de la mise en place d’un mécanisme de surveillance du flux d’armes vers le Soudan, exhortant à une « action concrète et collective pour construire un avenir pacifique, uni et porteur d’espoir pour le pays ».

Elle a souligné que « pour instaurer et maintenir la paix au Soudan, un processus politique viable avec une issue claire est essentiel – à savoir une transition vers un gouvernement civil indépendant, libre de toute emprise militaire. La position des Émirats arabes unis est sans équivoque : ni les SAF ni les RSF ne représentent le peuple soudanais et aucun de ces groupes ne peut apporter la stabilité. Seul un processus dirigé par les civils soudanais, fondé sur une gouvernance indépendante, pourra générer un changement significatif ». Pour élaborer cette feuille de route, elle a insisté sur la nécessité pour la communauté internationale de « créer de nouveaux mécanismes capables de produire un impact réel », notamment pour relever les défis sécuritaires et mettre fin à l’obstruction de l’aide humanitaire.

S’agissant de la dimension régionale du conflit, elle a déclaré : « Notre approche doit reconnaître que le Soudan n’existe pas en vase clos, et qu’une paix durable suppose de traiter les risques régionaux plus larges. Il faut veiller à ce que le Soudan ne devienne jamais un refuge pour l’extrémisme, le terrorisme et les menaces à la sécurité maritime internationale. Empêcher l’implantation de ces réseaux est essentiel à tout effort sérieux pour appuyer l’avenir du Soudan ».

Appelant à une nouvelle approche de la part des Nations Unies, face à l’obstruction systématique de l’aide alimentaire, elle a affirmé : « Nous devons affirmer une position unifiée : l’invocation arbitraire de la souveraineté ne saurait justifier la famine. Elle ne doit pas servir de prétexte à ceux qui entravent l’accès humanitaire ou prennent pour cibles les personnels humanitaires et les civils. Les civils soudanais méritent protection, accès et justice. Nous devons faire bien davantage ».

Lana Nusseibeh a également souligné l’importance des efforts collectifs pour combattre toutes les formes d’extrémisme et de terrorisme au Soudan, y compris le discours de haine et la discrimination. Elle a rappelé l’impératif de garantir la pleine participation des femmes, leur inclusion égale et effective dans le processus politique, notant qu’« elles ont inspiré la transition vers un régime civil en 2018 et continuent de jouer un rôle de premier plan au sein des cellules d’intervention d’urgence, souvent dans des zones hors de portée des acteurs internationaux ».

En conclusion, elle a affirmé : « L’absence d’une action internationale cohérente et unie pour faire avancer un processus politique crédible devient de plus en plus intenable. Il est de notre devoir collectif de faire preuve de leadership et de détermination. Ce moment appelle une réponse de principe et une volonté internationale soutenue ».

Depuis le début du conflit, les Émirats arabes unis ont fourni plus de 600 millions de dollars d’aide humanitaire au Soudan et aux pays voisins. Cette aide est distribuée de manière impartiale, en fonction des besoins, et en coordination avec les partenaires onusiens. Les Émirats arabes unis réaffirment leur engagement à soutenir le peuple soudanais et à collaborer avec les partenaires internationaux pour atténuer les souffrances et promouvoir la paix.

En marge de la conférence, Lana Nusseibeh a tenu plusieurs rencontres bilatérales, notamment avec le très honorable David Lammy, secrétaire d'État aux Affaires étrangères et du Commonwealth du Royaume-Uni ; Peter Lord, secrétaire adjoint adjoint au Bureau des affaires africaines des États-Unis ; Annett Weber, représentante spéciale de l’UE pour la Corne de l’Afrique ; Dr Hon. Musalia Mudavadi, secrétaire de cabinet chargé des Affaires étrangères et de la diaspora du Kenya ; Jean-Noël Barrot, ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères ; ainsi que Mirjana Spoljaric, présidente du CICR.

La délégation des Émirats arabes unis comprenait Mansour Belhoul, ambassadeur des EAU au Royaume-Uni, ainsi que Maha Yaqoot Harqoos, responsable des affaires sud-africaines au ministère des Affaires étrangères des EAU.