L’OMM : les tempêtes de sable et de poussière affectent 330 millions de personnes dans 150 pays

GENÈVE, 10 juillet 2025 (WAM) – L’Organisation météorologique mondiale (OMM) a déclaré que les tempêtes de sable et de poussière affectent environ 330 millions de personnes dans 150 pays, causant des dommages croissants à la santé humaine et aux économies locales.

Dans un rapport publié aujourd’hui sur la poussière atmosphérique, l’OMM souligne la nécessité urgente de renforcer les systèmes de surveillance, de prévision et d’alerte précoce face à ce phénomène naturel aggravé par l’activité humaine.
Le rapport met en lumière les zones les plus exposées à ce phénomène et ses effets multiformes. Il s’inscrit dans le cadre de la série de publications scientifiques de l’organisation, destinée à orienter les politiques publiques et à améliorer la sécurité et le bien-être des populations.

Selon l’OMM, la concentration annuelle moyenne de poussière en surface en 2024 a été légèrement inférieure à celle de 2023, bien que des disparités régionales importantes aient été enregistrées. Dans certaines zones très affectées, les niveaux de poussière dépassaient la moyenne observée sur la période 1981-2010. L’organisation estime que près de 2 milliards de tonnes de sable et de poussière sont projetées chaque année dans l’atmosphère.

Plus de 80 % de cette poussière provient des déserts d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient, et peut être transportée sur des milliers de kilomètres à travers les continents et les océans.
Ce rapport, publié à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre les tempêtes de sable et de poussière (12 juillet), précise qu’une part importante du phénomène est d’origine naturelle, mais que la mauvaise gestion des ressources en eau, la dégradation des sols, la sécheresse et la désertification en sont des facteurs aggravants.

En 2024, les niveaux de poussière étaient inférieurs à la moyenne dans plusieurs zones sources, mais supérieurs à la normale dans plusieurs régions réceptrices. Parmi les plus touchées figurent l’Atlantique tropical (entre l’Afrique de l’Ouest et les Caraïbes), l’Amérique du Sud, la Méditerranée, la mer d’Arabie, le golfe du Bengale et l’est de la Chine. En 2024, des panaches de poussière africaine ont atteint plusieurs régions des Caraïbes.
La Secrétaire générale de l’OMM, Celeste Saulo, a mis en garde contre les impacts graves de ces tempêtes : « Les tempêtes de sable et de poussière détériorent la santé de millions de personnes, nuisent à leur qualité de vie, et entraînent des pertes économiques considérables en perturbant les transports, l’agriculture et la production d’énergie solaire. » Elle a souligné que l’investissement dans les systèmes d’alerte et les mesures de prévention générerait des bénéfices importants à long terme.

Selon un indicateur conjoint de l’OMM et de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 3,8 milliards de personnes – soit près de la moitié de la population mondiale – ont été exposées à des niveaux de poussière dépassant le seuil de sécurité de l’OMS entre 2018 et 2022, une augmentation de 31 % par rapport à la période 2003-2007.

Dans certaines régions fortement exposées, cela correspond à plus de 1 600 jours de pollution aux poussières fines sur cinq ans, soit environ 87 % du temps.

Enfin, une étude citée dans le rapport estime que le coût de l’érosion éolienne liée à la poussière aux États-Unis s’est élevé à 154 milliards de dollars en 2017, soit quatre fois plus que les estimations de 1995. Cette somme inclut les pertes agricoles, les effets sur la santé, la production d’énergie renouvelable et les coûts du transport aérien, bien que les auteurs estiment que le coût réel pourrait être bien plus élevé en raison du manque d’évaluations nationales sur les impacts indirects du phénomène.