30 000 Palestiniens toujours déplacés de force en Cisjordanie, selon le HCDH

GENÈVE, 15 juillet 2025 (WAM) – Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’Homme (HCDH) a exprimé mardi sa vive inquiétude face à la hausse des violences commises ces dernières semaines à l’encontre des Palestiniens en Cisjordanie occupée, notamment à Jérusalem-Est, par des colons israéliens et les forces de sécurité.

« Les colons israéliens et les forces de sécurité ont intensifié les meurtres, les agressions et le harcèlement visant les Palestiniens », a déclaré Thameen Al-Kheetan, porte-parole du HCDH, lors d’un point de presse à Genève.

Depuis le début de l’opération israélienne baptisée « Mur de Fer » lancée plus tôt cette année dans le nord de la Cisjordanie, environ 30 000 Palestiniens restent déplacés de force. Les forces israéliennes ont tiré à balles réelles sur des civils palestiniens non armés, y compris ceux tentant de regagner leurs foyers dans les camps de réfugiés de Jénine, Tulkarem et Nour Shams.

Le HCDH déplore l’usage fréquent par les forces de sécurité israéliennes d’une force disproportionnée, voire létale, à l’encontre de Palestiniens ne représentant aucune menace imminente.

Par ailleurs, depuis le 7 octobre 2023, 53 Israéliens ont été tués dans des attaques attribuées à des Palestiniens ou lors d’affrontements armés, dont 35 en Cisjordanie et 18 en Israël.

Le mois de juin 2025 a enregistré le plus grand nombre de Palestiniens blessés en un mois depuis plus de vingt ans. Le HCDH a recensé 96 blessés rien que par les colons israéliens. Durant le premier semestre 2025, 757 attaques de colons ont causé des pertes humaines ou des dommages matériels palestiniens, soit une hausse de 13 % par rapport à la même période de 2024.

Depuis le début de l’opération « Mur de Fer », environ 1 400 ordres de démolition ont été émis par les autorités israéliennes à l’encontre de logements palestiniens. Selon le HCDH, ces démolitions massives, si elles ne sont pas strictement justifiées par des impératifs militaires, constituent une violation des obligations d’Israël en tant que puissance occupante.

Depuis le 7 octobre 2023, 2 907 Palestiniens ont été déplacés de force à la suite de démolitions, et 2 400 autres, dont près de la moitié sont des enfants, ont été contraints de fuir à cause des actions de colons, vidant ainsi certaines régions de la Cisjordanie de leur population palestinienne.

« Le déplacement forcé permanent de civils dans un territoire occupé constitue un transfert illégal, une violation grave de la Quatrième Convention de Genève, et selon les circonstances, pourrait constituer un crime contre l’humanité », a averti Al-Kheetan.

Il a souligné que « l’État d’Israël doit cesser immédiatement les tueries, les actes de harcèlement et les démolitions de maisons sur tout le territoire palestinien occupé. En tant que puissance occupante, Israël a l’obligation de garantir la sécurité publique et de protéger les Palestiniens contre les violences des colons. Il doit également mettre un terme à l’usage illégal de la force par ses forces de sécurité. Des enquêtes indépendantes, transparentes et approfondies doivent être menées sur tous les cas de meurtres et de violations présumées du droit international, afin que les responsables soient traduits en justice. »

Al-Kheetan a enfin réaffirmé que, conformément à l’avis consultatif de la Cour internationale de Justice, Israël doit mettre fin à sa présence illégale dans les territoires palestiniens occupés.