GENÈVE, 22 juillet 2025 (WAM) – La Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) a mis en garde les pays en développement contre leur forte dépendance aux matières premières telles que les produits énergétiques, les minerais ou les denrées agricoles, notamment le blé, le café, le cuivre ou le lithium, soulignant que cette situation structurelle compromet leur trajectoire de développement.
Dans un rapport publié aujourd’hui à Genève sur l’état de la dépendance aux produits de base entre 2021 et 2023, l’organisation souligne que cette dépendance enracinée – une préoccupation mondiale de longue date – freine l’industrialisation et expose les pays à des risques de volatilité économique liés aux fluctuations des prix mondiaux.
Selon le rapport, plus de 80 % des pays les moins avancés et des pays en développement sans littoral, ainsi qu’environ 60 % des petits États insulaires en développement, sont structurellement dépendants des exportations de matières premières, ce qui met en évidence la vulnérabilité des économies fragiles.
Sur 143 pays en développement analysés, 95 sont restés dépendants des matières premières entre 2021 et 2023. Ce phénomène est particulièrement marqué en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale, où plus de 80 % des recettes d’exportation proviennent des produits primaires. Des schémas similaires ont été observés en Asie centrale et en Amérique du Sud, où les ressources naturelles occupent une place centrale dans les échanges commerciaux.
Le rapport avertit que, sans efforts accrus de diversification économique et de création de valeur ajoutée, les pays risquent de manquer l’opportunité de transformer leur richesse naturelle en moteur de croissance durable et résiliente. Entre 2021 et 2023, les exportations de matières premières représentaient 32,7 % de la valeur du commerce international, contre 35,5 % une décennie plus tôt.
En comparant les deux périodes, la valeur totale du commerce mondial a augmenté de 25,6 %, tandis que les échanges de matières premières n’ont progressé que de 15,5 %, ce qui reflète une marginalisation relative des exportateurs de produits bruts face à la montée en puissance des biens à forte valeur ajoutée.
Le rapport précise que les produits énergétiques ont continué de dominer les échanges mondiaux de matières premières, représentant 44,5 % de la valeur totale entre 2021 et 2023, en baisse par rapport aux 52,1 % enregistrés il y a dix ans. Cette baisse est attribuée à la diminution des prix du pétrole et à l’évolution de la demande énergétique, notamment la transition vers les énergies renouvelables.
Parallèlement, les exportations agricoles ont progressé de 34 %, atteignant 2 300 milliards de dollars, dominées par les produits alimentaires. Les produits miniers, tels que les minerais et les métaux, ont connu une croissance de 33,4 %, pour une valeur moyenne annuelle de 1 650 milliards de dollars au cours de la période considérée.