NEW YORK, le 3 octobre 2025 (WAM) – De simples câbles à fibre optique, utilisés pour alimenter l’Internet mondial, pourraient bientôt servir d’outil d’alerte précoce contre les risques géologiques tels que les affaissements de terrain, selon une nouvelle étude menée par des chercheurs de l’Université d’État de Pennsylvanie (Pennsylvania State University).
En exploitant des câbles de communication déjà enfouis à faible profondeur sous le campus universitaire, l’équipe a mis au point une méthode novatrice utilisant la technologie de détection acoustique distribuée. Cette approche, détaillée dans la revue Journal of Geophysical Research: Solid Earth, permet de repérer des zones fracturées, comme les dolines, situées à plusieurs centaines de mètres sous la surface terrestre.
La technique repose sur un dispositif de détection acoustique distribuée (DAS) conçu par les chercheurs, connecté à un câble de télécommunication en fibre optique d’environ six kilomètres. Le système envoie de la lumière le long du câble, capturant ainsi les signaux acoustiques sur toute sa longueur.
« Les géoscientifiques considèrent souvent les vibrations du trafic quotidien comme du bruit parasite dans les données. Cependant, notre recherche montre que ce ‘bruit inutile’ est en réalité très précieux », a expliqué le professeur associé de géophysique Tieyuan Zhu, co-auteur principal de l’étude. « Nous pouvons utiliser ces signaux pour identifier les dangers géologiques d’une manière beaucoup plus économique et efficace que les méthodes traditionnelles. »
Les outils classiques tels que les géophones, qui mesurent la densité du sol, sont coûteux, exigeants en main-d’œuvre et limités à un seul point de mesure. En revanche, cette nouvelle approche transforme les vibrations produites par le trafic en ondes sismiques de surface grâce à une technique de corrélation croisée. Elle permet ainsi de créer une cartographie détaillée de la vitesse de propagation des ondes sous la surface et de générer un maillage dense de points de données.
Les chercheurs estiment que cette technologie pourrait révolutionner la surveillance des risques géologiques, en offrant une méthode accessible, continue et fondée sur des infrastructures existantes — un pas prometteur vers des systèmes d’alerte précoces plus intelligents et plus durables.