BRUXELLES, 16 octobre 2025 (WAM) – L’Agence européenne pour la coopération judiciaire en matière pénale (Eurojust) a conclu la première réunion annuelle de son Groupe judiciaire de réflexion sur le blanchiment d’argent et la récupération des avoirs, en formulant une série de recommandations visant à renforcer la coopération judiciaire transfrontalière et à accélérer la récupération des avoirs illicites, afin d’accroître la capacité de l’Europe à lutter contre la criminalité financière organisée.
La réunion, qui s’est tenue sur deux jours au siège d’Eurojust à La Haye, a abordé plusieurs questions pressantes, notamment la montée en puissance des crypto-actifs dans les schémas de blanchiment d’argent et la complexité du traçage des fonds à travers plusieurs juridictions.
Les participants ont également évoqué l’utilisation croissante de services de blanchiment professionnels, souvent déguisés en entreprises légitimes, qui représentent un défi majeur pour les autorités judiciaires et les enquêteurs européens.
Le phénomène dit de « crime-as-a-service » — où les réseaux criminels organisés offrent leurs compétences à d’autres groupes en échange de paiements — complique encore davantage la lutte contre ces activités, en raison de la sophistication des méthodes employées et du caractère transnational de leurs opérations.
L’un des points saillants de la réunion fut la présentation du Rapport de cas Eurojust sur le Règlement (UE) 2018/1805 relatif à la reconnaissance mutuelle des décisions de gel et de confiscation.
Ce document, le premier du genre, fournit des orientations pratiques aux autorités nationales et met en lumière à la fois les progrès réalisés et les défis persistants dans l’application du règlement au sein des États membres de l’Union européenne.
Au cours de la réunion, plusieurs organisations internationales ont présenté leurs initiatives destinées à renforcer la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement illicite.
Des ateliers pratiques consacrés à la récupération des avoirs et au blanchiment d’argent ont permis aux participants d’analyser divers scénarios concrets et de proposer des solutions innovantes aux défis émergents.
Les experts réunis ont unanimement souligné la nécessité d’intensifier la coopération judiciaire entre les pays européens et d’exploiter les progrès technologiques pour contrer les nouvelles tactiques adoptées par les réseaux criminels.
Ils ont également rappelé le rôle central d’Eurojust dans la coordination des efforts transnationaux, la facilitation des échanges d’informations et la création d’un espace de dialogue et de partage d’expertise entre praticiens du droit, procureurs et magistrats spécialisés.
Cette première réunion annuelle du Groupe judiciaire de réflexion d’Eurojust sur le blanchiment d’argent marque une étape importante dans la consolidation du cadre européen de coopération judiciaire, en plaçant la traçabilité financière et la confiscation des avoirs criminels au cœur de la stratégie européenne de lutte contre la criminalité organisée.