DUBAÏ, 18 novembre 2025 (WAM) – Les intervenants des sessions principales du premier jour du « Dubai Future Forum 2025 » ont souligné que l’anticipation fondée sur les données, la connaissance humaine et les technologies intelligentes constitue désormais l’axe central des politiques et stratégies capables de garantir la durabilité, l’innovation et le développement des sociétés, des États et de la planète.
Dans son allocution inaugurale, Saeed Khalfan Juma Belhoul, Directeur général de la Dubai Future Foundation, organisatrice de l’événement, a apporté des réponses aux grandes questions soulevées lors de l’édition précédente et présenté des perspectives clés pour l’avenir proche.
Il a indiqué que le monde passe rapidement d’une ère de prévisions immédiates à une phase d’« hyper-anticipation », rendue possible par la combinaison des expertises humaines et de l’intelligence artificielle. Il a affirmé que Dubaï est aujourd’hui l’une des villes les mieux préparées au monde pour conduire cette transformation, grâce à une approche collaborative ouverte.
Belhoul a également rappelé plusieurs tendances anticipées lors du Forum 2024 et désormais devenues réalité : la transition vers des indicateurs plus holistiques que le PIB, la forte progression de l’énergie solaire en Europe, la reprise de l’exploration lunaire après un demi-siècle, l’émergence de banques de génomes à grande échelle, la généralisation de l’enseignement hors cadre scolaire, ainsi que l’intégration croissante de l’IA dans des fonctions de conseil au sein d’entreprises et d’administrations.
Le Directeur général a ensuite présenté trois tendances majeures appelées à prendre de l’ampleur :
la concentration comme ressource stratégique dans un monde de distractions numériques,
le rôle croissant des experts capables de transformer l’abondance de données en projets utiles,
et l’essor du rôle des assistants d’intelligence artificielle, appelés à devenir des compagnons complémentaires aux relations humaines.
Il a exhorté les participants à renforcer leurs capacités d’anticipation, à observer les signaux de transformation et à proposer des solutions innovantes, rappelant que « l’avenir appartient à ceux qui posent les bonnes questions ».
Lors d’une session intitulée « Sociétés du futur : comment redéfinir les bases de communautés équilibrées et durables ? », Brandon Doherty, Chief Futurist à Inside Out, et la Dre Alaa Al-Marabit, associée principale « sustainable growth » chez 500 Global, ont affirmé que concevoir les sociétés de demain commence par des décisions stratégiques actuelles, des investissements ciblés et une compréhension complète des chaînes de valeur.
Ils ont insisté sur l’importance de systèmes interconnectés, équitables et résilients pour bâtir des communautés capables d’avoir un impact positif durable sur les individus et l’environnement.
Doherty a prédit que les jeunes seront bientôt plus aptes que les générations actuelles à anticiper l’avenir, grâce à la maîtrise de la technologie et des outils d’analyse. Il a souligné le rôle majeur que joueront les solutions durables dans les secteurs de l’éducation, de l’alimentation et de l’agriculture organique, rappelant le leadership des Émirats arabes unis dans l’émission d’obligations vertes.
La Dre Alaa Al-Marabit a estimé que les cadres éthiques et humains de financement du développement constitueront l’une des orientations mondiales majeures de la prochaine décennie, parallèlement à une adoption élargie des technologies afin d’assurer l’inclusion et l’égalité des chances.
Lors d’une session intitulée « Trahissons-nous l’avenir par les décisions d’aujourd’hui ? », S.E. Lucie Berger, Ambassadrice de l’Union européenne aux EAU, la Dre Cécile Aptel, Directrice adjointe du bureau mondial de l’UNICEF, et Virginia Dawson, Directrice des politiques au Secrétariat du Forum des Îles du Pacifique, ont discuté de l’importance d’intégrer l’équité intergénérationnelle dans les politiques nationales et internationales.
S.E. Lucie Berger a appelé à renforcer la participation des jeunes dans la conception des politiques d’avenir.
La Dre Aptel a souligné le rôle essentiel de la formation à l’anticipation pour les nouvelles générations, à travers des programmes tels que la fellowship de l’UNICEF Innocenti.
Virginia Dawson a insisté sur la nécessité d’une coopération entre générations, combinant l’expérience des aînés et l’énergie des jeunes pour élaborer des visions communes et éviter les conflits générationnels.
Dans une session intitulée « Du désert à la glace : ce qui inspire les projets des Émirats », S.E. Dr Abdullah Al-Mandoos, Président de l’Organisation météorologique mondiale et Directeur général du Centre national de météorologie des EAU, a présenté les avancées du « Programme polaire des Émirats », lancé l’an dernier pour renforcer la participation du pays aux recherches antarctiques et arctiques.
Il a détaillé les partenariats scientifiques internationaux des Émirats dans les deux régions polaires et les futurs projets, dont : l’envoi de chercheurs émiratis sur les deux pôles, la création d’une base émiratie en Antarctique, la conception d’un laboratoire et d’un navire dédiés à la recherche polaire, le développement de capacités scientifiques nationales avancées.
Il a encouragé les jeunes à poursuivre les carrières scientifiques afin de bâtir un héritage durable au service du climat.
Enfin, Anand Varma, de la National Geographic Society, a rappelé que l’avenir de l’humanité dépend d’une relation plus respectueuse et durable avec la nature. Dans une intervention intitulée « Comment la curiosité redéfinit le lien entre l’homme et la Terre », il a souligné l’importance de la recherche, de l’exploration et de la curiosité pour inspirer les jeunes générations à protéger les ressources naturelles et adopter une approche symbiotique avec l’environnement.