Les Émirats annoncent peines renforcées et innovations IA contre le trafic d’espèces menacées

SAMARCANDE, 25 novembre 2025 (WAM) – La ministre du Changement climatique et de l’Environnement, Dr Amna bint Abdullah Al Dahak, a affirmé que les Émirats arabes unis continuent de consolider leur position de chef de file dans la mise en œuvre des objectifs de la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES).

Dans une déclaration nationale prononcée lors du dialogue de haut niveau tenu à l’occasion de la 20e session de la Conférence des Parties à la CITES (CoP20), qui se tient actuellement à Samarcande, en Ouzbékistan, la ministre a souligné l'engagement de son pays en faveur de la protection durable de la faune et des espèces menacées, grâce à une législation innovante combinée à des technologies de pointe fondées sur l’intelligence artificielle.


Rappelant que les Émirats arabes unis constituent un carrefour mondial du commerce, Dr Al Dahak a affirmé que le pays applique une politique de « tolérance zéro » à l’égard du trafic illégal d’espèces sauvages. Elle a présenté les caractéristiques clés de la loi fédérale émirienne sur la protection de la faune, considérée comme un modèle législatif novateur. Une mise à jour prochaine prévoit des peines de prison allant jusqu’à 15 ans et des amendes pouvant atteindre 2 millions d’AED, reflétant la fermeté du pays contre le trafic d’espèces menacées.

La ministre a également mis en lumière l’intégration des crimes environnementaux dans la stratégie nationale de lutte contre le blanchiment d’argent, visant à démanteler les réseaux financiers criminels liés à ces activités.


Dr Al Dahak a dévoilé une initiative technologique inédite : un système intelligent de vérification des certificats CITES, conçu avec IBM, qui permettra d’authentifier automatiquement les permis commerciaux, d’en détecter les fraudes en temps réel et de renforcer la fiabilité des chaînes d’approvisionnement légales. Cette innovation marque une avancée majeure dans la digitalisation du contrôle du commerce international des espèces protégées.


La ministre a rappelé que l’engagement des Émirats dans la protection de la biodiversité remonte à plus de 50 ans, sous l’impulsion du père fondateur, feu Cheikh Zayed bin Sultan Al Nahyan. Cet héritage a conduit le pays à adhérer très tôt à la CITES en 1974, et continue aujourd’hui d’inspirer une approche alliant sagesse traditionnelle et technologies modernes.


Regardant vers l’avenir, Dr Al Dahak a annoncé que les Émirats, hôtes du Congrès mondial des Nations Unies pour la prévention du crime en 2026, placeront la « cybercriminalité liée à la faune sauvage » au cœur de l’agenda international. Elle a souligné que cette approche sécuritaire avancée s’accompagne de résultats concrets, visibles à travers des programmes scientifiques de conservation ayant permis la réintroduction d’espèces comme l’oryx d’Arabie ou l’outarde houbara.

Elle a également salué le succès de l’Initiative internationale pour l’application de la loi en matière climatique (I2LEC), lancée par les Émirats en coopération avec INTERPOL et l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC). L’opération « Jungle Shield », menée en Afrique centrale, en est l’illustration, avec l’arrestation de 58 personnes et la saisie de plus de deux tonnes d’ivoire.


Dr Al Dahak a conclu en renouvelant l’engagement des Émirats à partager leurs solutions technologiques avancées et à renforcer leurs partenariats stratégiques, pour faire de la CITES un levier de protection mondiale durable de la faune. À ce jour, à travers I2LEC, les Émirats ont formé des agents des forces de l’ordre originaires de plus de 123 pays.