ABOU DHABI, 22 décembre 2025 (WAM) – Les Émirats arabes unis ont consolidé, en 2025, leur position de pôle mondial des infrastructures numériques, enregistrant un taux d’utilisation des outils d’intelligence artificielle de 97 % au sein des entités gouvernementales, un niveau parmi les plus élevés au monde, tandis que le nombre de programmeurs dans le pays a dépassé 450 000.
L’année a été marquée par des partenariats internationaux de premier plan, au premier rang desquels la mise en place d’un campus IA Émirats arabes unis–États-Unis d’une capacité de 5 gigawatts à Abou Dhabi. Destiné à servir des milliards d’utilisateurs grâce à un mix énergétique combinant nucléaire, solaire et gaz, ce site représente le plus grand cluster de supercalcul en dehors des États-Unis.
Cette dynamique a été renforcée par le lancement du projet « Stargate UAE », une initiative d’un gigawatt associant G42, OpenAI, Oracle, Cisco, SoftBank et Nvidia. S’appuyant sur les systèmes avancés NVIDIA Grace Blackwell GB300, la première phase du projet est prévue pour 2026.
La coopération stratégique s’est également élargie à l’Europe à travers un cadre Émirats arabes unis–France en matière d’intelligence artificielle, comprenant un centre de données dédié d’un gigawatt, ainsi que des projets conjoints dans les énergies renouvelables, les semi-conducteurs de pointe et des plateformes de recherche partagées.
Sur le plan de l’investissement, la société MGX, basée aux Émirats arabes unis, a rejoint BlackRock, Global Infrastructure Partners, Microsoft, Nvidia et xAI au sein d’un « AI Infrastructure Partnership » visant à développer des centres de données de nouvelle génération et des solutions énergétiques, avec un potentiel d’investissements pouvant atteindre 100 milliards de dollars.
Les Émirats arabes unis ont également mobilisé l’IA au service du développement international, en annonçant un engagement d’un milliard de dollars en faveur de l’initiative « AI for Development » lors du sommet du G20, pour soutenir des projets en Afrique, et en s’associant à la Fondation Gates pour la création d’un écosystème IA de 200 millions de dollars destiné à appuyer le développement agricole mondial.
Au niveau national, le total des investissements liés à l’IA sur la période 2024-2025 a dépassé 543 milliards d’AED, tandis que des groupes internationaux, dont Microsoft et KKR, ont annoncé des investissements majeurs aux Émirats arabes unis.
Parmi les avancées technologiques, l’année a vu le lancement de Jais 2, un modèle linguistique de 70 milliards de paramètres, entraîné sur la plus vaste base de données jamais constituée en priorité pour l’arabe — 600 milliards de tokens arabes — à une échelle inédite. Les Émirats ont également présenté K2 Think, un système open source de référence en matière de raisonnement avancé en IA.
Afin d’assurer l’alignement culturel, le pays a lancé l’indice « AI in the Ring », présenté comme le premier test au monde mesurant le degré de correspondance des modèles technologiques avec la culture et les valeurs nationales.
Une étude nationale a confirmé que 44 % des entités aux Émirats arabes unis utilisent désormais le calcul haute performance dans 91 cas d’usage spécialisés, notamment dans les secteurs de la santé, de la finance et de la sécurité.
Dans le secteur public, le gouvernement a mis en place le premier système législatif au monde piloté par l’IA pour analyser les lois et l’impact des politiques publiques. Il a également lancé un assistant RH basé sur l’IA, desservant plus de 50 000 employés et automatisant 108 services gouvernementaux.
Dans le domaine de l’éducation, l’Université intelligente Hamdan bin Mohammed a indiqué une réduction de 95 % de la charge de travail du corps enseignant grâce au déploiement d’agents d’IA, parallèlement à une amélioration notable des résultats des étudiants.
Le Conseil des ministres des Émirats arabes unis a, par ailleurs, lancé un Centre d’excellence en cybersécurité en partenariat avec Google Cloud, qui devrait créer plus de 20 000 emplois et renforcer l’écosystème national de cybersécurité.