NATIONS UNIES, 9 janvier 2026 (WAM) – L’économie mondiale a fait preuve de résilience face aux turbulences de l’année écoulée, marquée notamment par des politiques commerciales fluctuantes, mais la croissance reste modérée et bien en deçà des niveaux observés avant la pandémie, selon un rapport de référence publié jeudi par l’Organisation des Nations Unies.
Le rapport « Situation et perspectives de l’économie mondiale 2026 » prévoit une croissance de la production mondiale de 2,7 % en 2026, légèrement inférieure aux 2,8 % estimés pour 2025, et bien en dessous de la moyenne prépandémique de 3,2 %.
Résilience face aux tensions commerciales, mais fragilité persistante
Le rapport souligne qu’une forte hausse des droits de douane aux États-Unis a « créé de nouvelles frictions commerciales », bien que l’absence d’une escalade généralisée ait limité les perturbations immédiates dans le commerce mondial. Une consommation solide et une inflation en recul ont permis de soutenir l’activité économique, mais les faiblesses structurelles demeurent.
Les investissements modérés et les marges budgétaires limitées freinent l’activité, ce qui pourrait installer l’économie mondiale dans une trajectoire de croissance durablement ralentie par rapport à l’ère pré-COVID-19.
L’assouplissement partiel des tensions commerciales a permis de limiter les perturbations, mais l’impact des droits de douane plus élevés, conjugué à l’incertitude macroéconomique persistante, devrait se faire davantage ressentir en 2026.
Malgré l’assouplissement des conditions financières, stimulé par un relâchement monétaire et un regain de confiance des consommateurs, les risques restent élevés, notamment en raison des valorisations d’actifs particulièrement élevées dans les secteurs liés à l’intelligence artificielle (IA).
L’ONU note également que l’endettement élevé et le coût du financement restreignent les marges de manœuvre budgétaire, notamment pour de nombreux pays en développement, compromettant leurs efforts de relance économique.
« Une combinaison de tensions économiques, géopolitiques et technologiques redessine le paysage mondial, générant une nouvelle incertitude économique et accentuant les vulnérabilités sociales », a averti le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, en soulignant que « de nombreux pays en développement continuent de lutter », ce qui menace la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD).
États-Unis : croissance projetée à 2,0 % en 2026, soutenue par un assouplissement monétaire et budgétaire.
Union européenne : croissance prévue à 1,3 %, en baisse par rapport à 1,5 %, en raison de l’impact des droits de douane américains et de l’instabilité géopolitique.
Asie de l’Est : croissance attendue à 4,4 %, avec une prévision de 4,6 % pour la Chine.
Asie du Sud : croissance de 5,6 %, menée par l’Inde (6,6 %), portée par une consommation résiliente et un fort investissement public.
Afrique : hausse modérée de 4,0 %, avec des risques élevés liés à la dette et aux chocs climatiques.
Amérique latine et Caraïbes : croissance attendue à 2,3 %, freinée par une demande modérée et une reprise lente des investissements.
Le commerce mondial a montré une solide performance en 2025 avec une croissance de 3,8 %, bien que celle-ci devrait ralentir à 2,2 % en 2026. Cette expansion a été tirée par une concentration des expéditions en début d’année et la forte croissance des services.
L’investissement, quant à lui, reste modéré dans la plupart des régions, freiné par les tensions géopolitiques et les contraintes budgétaires. Si certaines économies bénéficient de l’assouplissement monétaire et de mesures fiscales ciblées, les progrès liés à l’IA risquent d’être inégalement répartis, accentuant les écarts structurels.
L’inflation mondiale, bien qu’en recul, reste une préoccupation majeure. L’inflation globale est passée de 4,0 % en 2024 à une estimation de 3,4 % en 2025, et devrait encore diminuer à 3,1 % cette année.
« Même si l’inflation ralentit, les prix élevés et toujours en hausse continuent de rogner le pouvoir d’achat des populations les plus vulnérables », a déclaré Junhua Li, Secrétaire général adjoint de l’ONU aux affaires économiques et sociales.
Le rapport conclut en appelant à une coordination internationale renforcée et à des actions collectives décisives face aux réalignements commerciaux, à la pression persistante sur les prix, et aux chocs climatiques croissants. L’ONU insiste sur la nécessité de rendre la croissance mondiale plus inclusive, durable et résiliente.