La présidence émirienne du MENAFATF accorde la priorité au renforcement de la préparation et à la traduction des normes internationales en résultats mesurables, affirme Hamid AlZaabi

ABOU DHABI, 12 janvier 2026, (WAM) – Hamid AlZaabi, président du Groupe d'action financière pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord (MENAFATF), a déclaré que la prise de présidence par les Émirats arabes unis intervient à un moment charnière pour le système mondial de lutte contre le blanchiment d’argent, le financement du terrorisme et la prolifération des armes. Cette nouvelle phase coïncide avec le lancement de nouveaux cycles d’évaluations axés sur l’efficacité réelle et les résultats concrets, exigeant un niveau de préparation accru ainsi que le développement de capacités durables aux niveaux national et institutionnel.

Dans une interview accordée à l’Agence de presse des Émirats (WAM), AlZaabi a souligné que cette présidence est motivée par la conviction profonde de l’importance de l’action collective et de la coopération conjointe.

Il a affirmé que les Émirats arabes unis œuvreront en coordination avec l’ensemble des États membres, ainsi qu’avec les partenaires régionaux et internationaux, dans le cadre d’une responsabilité partagée visant à renforcer le dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes, tout en ancrant une approche fondée sur le partenariat, l’échange d’expertise et l’impact durable, tant au niveau régional qu’international.

Un rôle régional renforcé

Le MENAFATF, a rappelé AlZaabi, est l’organe régional chargé d’accompagner les pays du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord dans le renforcement de leurs dispositifs de lutte contre les crimes financiers, conformément aux normes internationales établies par le Groupe d'action financière (GAFI/FATF). Fondé en 2004, il regroupe aujourd’hui 21 États membres représentant un produit intérieur brut nominal estimé à 3 500 milliards de dollars américains. Il constitue l’un des neuf organismes régionaux de type GAFI à l’échelle mondiale.


Selon AlZaabi, la présidence des Émirats arabes unis a pour objectif principal de consolider les dispositifs régionaux de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, en produisant des résultats concrets et mesurables au service de la stabilité du système financier mondial.

Il a insisté sur le fait que la réduction des risques liés à la criminalité financière dans la région contribuera directement à la stabilité nationale et à une prospérité accrue des pays membres.


AlZaabi a mis en lumière la diversité du MENAFATF, qui réunit des centres financiers avancés, des économies émergentes et des pays confrontés à des défis institutionnels ou des circonstances particulières. Cette diversité constitue, selon lui, une véritable force, permettant d’éprouver les standards et les outils internationaux dans des contextes variés reflétant les défis mondiaux.

La région MENA, a-t-il souligné, joue un rôle central dans l’économie mondiale en raison de sa situation géographique stratégique au carrefour des continents, des routes commerciales et des flux financiers, ainsi que de la croissance rapide de ses économies, de ses hubs logistiques et de ses systèmes financiers de plus en plus sophistiqués.


AlZaabi a détaillé les six grandes priorités de la présidence émirienne : Accompagner les États membres dans la préparation aux évaluations mutuelles, en ligne avec la nouvelle méthodologie du GAFI axée sur l’efficacité ; Actualiser la gouvernance du MENAFATF et renforcer le rôle du secrétariat ; Renforcer les programmes régionaux de formation et élargir les capacités des évaluateurs et experts techniques ;

Approfondir la coopération avec le GAFI, les instances homologues et les partenaires internationaux ;

Répondre aux risques émergents (cryptoactifs, technologies financières, intelligence artificielle, propriété effective) ; Améliorer la coopération en matière de recouvrement d’avoirs et renforcer l’efficacité opérationnelle des États membres.


Il a notamment annoncé le lancement d’un programme régional complet, incluant des formations techniques élargies, le développement d’une plateforme d’apprentissage en ligne pour appuyer les évaluations nationales des risques, ainsi qu’un programme d’accréditation régionale pour les évaluateurs.


Parmi les initiatives phares de la présidence figure également la création d’un centre régional de formation spécialisé, destiné à offrir des formations techniques avancées aux pays de la région en matière de lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la lutte contre la prolifération.

Ce centre vise à élever le niveau de préparation nationale et à qualifier les ressources humaines selon les meilleures pratiques et normes internationales.

Risques émergents et criminalité financière

AlZaabi a évoqué les défis majeurs liés à la criminalité financière, qui évolue rapidement avec les technologies modernes, les lacunes réglementaires et les pressions géopolitiques. Il a identifié les principaux risques actuels : l’évolution rapide des technologies ; la complexité de la coopération internationale ; la faiblesse persistante des taux de recouvrement d’avoirs.

La présidence prévoit des initiatives ciblées sur : les actifs virtuels, la technologie financière et l’intelligence artificielle, le renforcement des mécanismes de traçabilité et de confiscation des avoirs,

l’activation du réseau régional MENA-ARIN pour le recouvrement d’avoirs, et l’amélioration de l’application effective des sanctions financières ciblées.


AlZaabi a souligné le rôle essentiel des universités et centres de recherche, qui contribueront par leurs études spécialisées et leurs formations à préparer une nouvelle génération de professionnels capables de faire face à la transformation numérique et aux risques liés à la cybersécurité et aux actifs numériques.

Concernant l’accompagnement des pays membres dans la mise en œuvre des plans d’action liés aux recommandations du GAFI, AlZaabi a insisté sur l’importance d’un engagement politique de haut niveau pour garantir le succès de la mise en œuvre.

Il a affirmé qu’il poursuivra un dialogue direct avec les États membres et effectuera des visites de terrain, s’inscrivant dans la continuité des échanges menés ces derniers mois.

Le MENAFATF répondra également aux besoins de ses membres à travers une assistance technique spécialisée, des formations pratiques et des mécanismes de soutien entre pairs, dans le but non seulement de finaliser les plans d’action, mais de garantir la durabilité des réformes et leur institutionnalisation.


AlZaabi a enfin salué les efforts des Émirats arabes unis, qui ont mis en place un cadre national intégré au cours des dernières années, comprenant : des réformes législatives ; une coordination institutionnelle renforcée ; et une amélioration de l’efficacité des autorités compétentes.

Cette expérience, a-t-il conclu, constitue une base pratique solide que les Émirats souhaitent mettre à disposition des pays membres, en partageant leurs bonnes pratiques et en soutenant le renforcement des systèmes nationaux et la préparation aux évaluations à venir.