Le Dialogue d’Abou Dhabi conclut sa 8e édition et définit les priorités et axes de travail pour renforcer les compétences de la main-d’œuvre

ABOU DHABI, 2 février 2026 (WAM) – Les États membres du Dialogue d’Abou Dhabi (ADD) ont défini les axes de travail et les priorités de la neuvième édition du Dialogue (2026-2027), qui portera principalement sur l’exploitation de l’intelligence artificielle (IA) et de la numérisation pour développer les compétences des travailleurs et assurer une gouvernance plus intelligente de la mobilité de la main-d’œuvre entre les pays d’envoi d’Asie et les pays de destination du Golfe.


Ces orientations ont été annoncées à l’issue de la huitième Consultation ministérielle de l’ADD, qui s’est tenue à Abou Dhabi sous la présidence des Émirats arabes unis en leur qualité de Secrétariat permanent du Dialogue. La rencontre a rassemblé les ministres du Travail, des Ressources humaines et de l’Emploi des pays membres, ainsi que des représentants d’organisations internationales, du Centre de l’OIT pour les pays islamiques, du secteur privé, de la société civile, et de la recherche académique.

À la clôture des travaux, le Sultanat d’Oman a officiellement transmis la présidence du Dialogue pour le prochain cycle à la République des Philippines. Les États membres ont salué les efforts du Sultanat et exprimé leur confiance envers la nouvelle présidence philippine, soulignant les acquis du Dialogue dans la gestion de la mobilité de la main-d’œuvre, et les bénéfices qu’elle procure aux économies des pays d’origine comme de destination.


Dans son intervention finale, S.E. Dr Abdulrahman Al Awar, ministre des Ressources humaines et de l’Émiratisation et ministre par intérim de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, a remercié les délégations participantes pour leur implication active. Il a salué la présidence omanaise pour les avancées réalisées et souhaité plein succès aux Philippines dans leur mission à venir.

Le ministre a réaffirmé l’engagement des Émirats à soutenir le Dialogue d’Abou Dhabi, notamment à travers l’accueil continu de son Secrétariat permanent, en soulignant l’importance de cette plateforme pour renforcer les partenariats bilatéraux et régionaux dans la régulation de la mobilité du travail et la protection des droits des travailleurs.


La Déclaration conjointe adoptée par les membres définit plusieurs axes stratégiques pour le neuvième cycle : Intégration de l’IA et des données dans le développement de systèmes de compétences plus intelligents, l’adéquation emploi-compétence, la reconnaissance des qualifications et la gouvernance de la mobilité du travail.

Modernisation des inspections du travail, grâce à des systèmes intelligents axés sur les risques pour renforcer la conformité aux législations nationales.

Utilisation des transferts de fonds comme levier de développement, via l’investissement productif, le renforcement de la résilience de la main-d’œuvre et la montée en compétences des migrants.

Analyse des cadres juridiques récents en matière d’emploi et de marché du travail, afin d’aligner les politiques nationales avec les flux migratoires réels et les pratiques de recrutement.

Appui aux réformes de l’éducation et de l’emploi soutenues par les banques de développement, pour mieux préparer les jeunes aux exigences du marché et améliorer la qualité de la mobilité professionnelle.

Vers une transition juste et inclusive

Les pays membres ont également mis en lumière l’importance de la relation entre la mobilité du travail et les compétences nécessaires à la transition vers une économie verte. Le Dialogue vise ainsi à accompagner les transformations économiques et climatiques en renforçant les cadres sociaux et juridiques entourant la mobilité des travailleurs.

En complément, l’ADD renforcera sa contribution aux grandes plateformes internationales, dont le Forum d’examen des migrations internationales (IMRF) en 2026 et le Dialogue mondial de Budapest, en promouvant une vision commune des pays asiatiques sur les enjeux migratoires.


Créé en 2008, le Dialogue d’Abou Dhabi est un mécanisme consultatif volontaire entre pays d’envoi et de destination d’Asie, axé sur le partage des bonnes pratiques, la coopération bilatérale et régionale, et la promotion d’une migration de travail bénéfique à la fois pour les travailleurs, les employeurs et les économies concernées.

Avec cette neuvième édition, l’ADD confirme son rôle de plateforme incontournable pour bâtir une mobilité du travail plus équitable, mieux régulée et porteuse de développement durable dans le corridor Asie–Golfe.