ABOU DHABI, 19 avril 2026 (WAM) -- Les participants au septième Dialogue stratégique, organisé par TRENDS Research & Advisory via son bureau en Afrique du Sud, intitulé « La guerre au Moyen-Orient : comment l’Afrique subsaharienne perçoit la crise », ont recommandé de renforcer la coopération régionale au sein de l’Afrique comme un outil central pour accroître la capacité collective à absorber les chocs externes et à coordonner les positions dans les forums internationaux liés à la sécurité et au développement.
Ils ont souligné la nécessité d’adopter une approche proactive dans la gestion des risques géopolitiques en intégrant les grandes transformations régionales dans les politiques de planification économique et sécuritaire des pays d’Afrique subsaharienne, plutôt que de les traiter comme des crises d’urgence. Ils ont également insisté sur l’importance de diversifier les partenariats internationaux afin de réduire la dépendance à l’égard de centres d’influence uniques et de renforcer la capacité des pays africains à négocier dans un environnement mondial plus équilibré et flexible.
Ils ont en outre souligné la nécessité d’investir dans la résilience économique, en particulier dans les secteurs de l’énergie et de l’alimentation, en développant des chaînes d’approvisionnement locales et régionales plus stables et en réduisant l’exposition aux marchés extérieurs volatils. De plus, ils ont appelé à un rôle africain plus efficace dans les discussions internationales sur la sécurité régionale afin de garantir que les décisions mondiales reflètent le développement et la justice économique, et non uniquement les équilibres traditionnels de pouvoir.
Le dialogue a réuni un groupe distingué d’experts, d’analystes économiques et de chercheurs. Il a été ouvert par Abdulaziz Al Marzouqi, chercheur chez TRENDS. Cela a été suivi par une table ronde économique, animée par Ben Davis, Directeur du bureau TRENDS Afrique du Sud. La session a débuté par une intervention du Dr Tayo Aduloju, Directeur général du Nigerian Economic Summit Group (NESG). Cobus Venter, économiste-conseil principal au Bureau for Economic Research (BER) en Afrique du Sud, a expliqué que l’économie sud-africaine est petite, très ouverte et riche en ressources.
La table ronde a vu la participation de Kay Walsh, Directrice générale de Nova Economics en Afrique du Sud, du Dr Mugisha Rweyemamu de la Economic and Social Research Foundation (ESRF), et du Dr Emmanuel Owusu-Sekyere, Directeur de la recherche, des politiques et des programmes au Africa Center for Economic Transformation.
La discussion s’est ensuite orientée vers la table ronde sur les relations internationales, animée par Najla Al Midfa, chercheuse chez TRENDS. Cette table ronde a réuni le Professeur Francois Vrey, spécialiste de la sécurité maritime et régionale à l’Institute for Governance and Leadership in Africa (SIGLA), le Professeur Jideofor Adibe de la Nasarawa State University au Nigeria, et le Dr Hassan Khannenje, Directeur exécutif du HORN International Institute for Strategic Studies au Kenya.
Dans ses remarques de clôture, Hamdan Al Hamdani, chercheur chez TRENDS, a déclaré que l’analyse approfondie des perspectives africaines sur la guerre au Moyen-Orient revêt une grande importance pour explorer les scénarios post-conflit et remodeler les alliances et compréhensions régionales et internationales. Il a ajouté que le monde se trouve à un moment charnière, redéfinissant les cartes d’influence et les relations bilatérales et multilatérales, ce qui exige de repenser la relation entre la sécurité régionale et la stabilité mondiale, en particulier en Afrique subsaharienne.
Il a ajouté que les interventions ont mis en évidence que cette crise ne peut être réduite à ses dimensions militaires, politiques et stratégiques affectant ses parties directes ou son environnement régional ; elle s’étend également à des impacts économiques, humanitaires et de développement dans des régions éloignées. Les effets de la guerre se manifestent aussi par des perturbations des chaînes d’approvisionnement, la hausse des coûts de l’énergie et de l’alimentation, et la vulnérabilité croissante des économies en développement face aux chocs externes.