Al Ain, le 2 juin 2026 - (WAM )Une équipe de recherche du Département des sciences alimentaires de la Faculté d’agriculture et de médecine vétérinaire de l’Université des Émirats arabes unis a réussi à développer des alternatives riches en protéines à la viande, offrant ainsi aux consommateurs des options alimentaires nutritives et plus durables, en utilisant des technologies avancées combinant la modélisation moléculaire, l’impression 3D et l’intelligence artificielle.
L’équipe a pu produire des alternatives alimentaires exemptes d’ingrédients d’origine animale, une démarche qui reflète l’engagement de l’Université des Émirats arabes unis à soutenir l’innovation scientifique dans les domaines de la sécurité alimentaire, de la durabilité sanitaire et environnementale.
Le Docteur Sajid Maqsood, Professeur des systèmes alimentaires durables à l’Université des Émirats arabes unis, a expliqué qu’il existe des défis croissants liés aux produits d’origine animale, soulignant que les protéines végétales constituent une option plus durable, plus efficace dans l’utilisation des ressources et moins associée aux risques de transmission de maladies entre animaux et humains.
Il a ajouté que cette orientation intervient à un moment où le monde connaît un intérêt croissant pour les alternatives à la viande, et les prévisions indiquent que la taille de ce marché pourrait atteindre 49,5 milliards de dollars d’ici 2036. Cependant, de nombreux produits actuellement sur le marché font face à un défi majeur : leur incapacité à reproduire la texture réelle de la viande, ce qui limite l’attrait de certains consommateurs.
Il a souligné que l’équipe de recherche a adopté pour combler cette lacune une méthodologie scientifique basée sur ce que l’on appelle « l’approche ascendante », où les chercheurs ont étudié les interactions entre différents types de protéines végétales au niveau moléculaire, dans le but d’identifier les combinaisons capables de produire une texture proche de celle de la viande réelle. Ils ont utilisé la technique de « modélisation de l’arrimage moléculaire », généralement employée dans la découverte de médicaments, afin de déterminer les protéines les plus compatibles et capables de former la structure souhaitée, notant que cette technique a contribué à prédire les types de protéines offrant de meilleures performances lorsqu’elles sont combinées.
Le Docteur Ibrahim Khalifa, chercheur en sciences alimentaires à l’Université des Émirats arabes unis, a confirmé que l’équipe a jusqu’à présent réussi à développer des alternatives au poulet, au poisson et aux œufs. Une étude publiée dans la revue Food Hydrocolloids, en collaboration avec des universités internationales de renom, a démontré la possibilité d’imprimer un substitut de poisson à l’aide de l’impression 3D, en s’appuyant sur des protéines de soja, de haricot mungo et de pomme de terre pour simuler avec précision la texture du poisson.
Il a ajouté que « l’un des principaux avantages de cette approche de recherche est qu’elle ne se limite pas à produire une alternative alimentaire similaire en apparence et en texture, mais permet également d’améliorer la valeur nutritionnelle du produit final ». Alors que le poisson naturel contient un taux très faible de fibres, l’équipe de recherche peut intégrer des fibres dans la composition du substitut de poisson, le rendant ainsi plus bénéfique sur le plan nutritionnel et sanitaire. C’est là le point essentiel de la recherche, car l’objectif n’est pas seulement d’imiter l’aliment traditionnel, mais aussi de l’améliorer par un enrichissement sélectif.
Il a indiqué que la technologie d’impression 3D offre de multiples avantages dans ce domaine, permettant de produire des aliments riches en protéines sous des formes variées et précises. Cela peut revêtir une importance particulière pour les enfants, car il est possible d’imprimer des aliments sous des formes attrayantes qui les encouragent à les consommer. Cette technologie contribue également à réduire considérablement les pertes par rapport aux procédés de fabrication traditionnels.
Il a expliqué qu’il est possible de concevoir le produit, d’en modifier les dimensions et la taille, puis de l’imprimer et de le transformer de l’état liquide à l’état solide, notant que l’impression 3D réduit le gaspillage jusqu’à 95 %.
Le Docteur Maqsood a confirmé que les chercheurs de l’Université des Émirats arabes unis ont établi une large coopération scientifique avec des institutions académiques internationales de renom, dotées d’une solide expérience dans le domaine de la recherche sur les protéines alternatives, reposant sur la complémentarité des expertises et des connaissances, ce qui soutient le développement de ce domaine de recherche spécialisé et confère aux projets scientifiques de l’Université des Émirats arabes unis une dimension internationale claire.
L’équipe de recherche aspire à élargir l’utilisation des techniques d’apprentissage automatique et d’intelligence artificielle dans les études futures, afin de permettre l’examen d’un plus grand nombre de protéines potentielles et d’augmenter les combinaisons possibles entre elles, ce qui pourrait ouvrir la voie au développement de nouveaux types variés d’alternatives à la viande. La prochaine étape du projet consiste à tester les produits après impression et à étudier les impressions des consommateurs.
À cet égard, le Docteur Maqsood a expliqué que la prochaine phase inclut la recherche de combinaisons supplémentaires appropriées, ainsi que le travail sur la stabilité des produits, l’amélioration de leur goût et la mesure de leur acceptation par les consommateurs.
Par cette recherche, l’Université des Émirats arabes unis continue d’affirmer son rôle en tant qu’institution académique et de recherche de renom, contribuant au développement de solutions innovantes pour l’avenir de l’alimentation, soutenant les orientations de l’État vers la durabilité, l’innovation, la sécurité alimentaire et l’amélioration de la qualité de vie.