PARIS, le 30 juillet 2025 (WAM) – La demande mondiale d’électricité devrait connaître l’un des rythmes de croissance les plus soutenus depuis plus d’une décennie, malgré les pressions économiques persistantes, selon un nouveau rapport de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), avec une contribution combinée des énergies renouvelables, du gaz naturel et du nucléaire pour répondre à cette demande accrue.
Selon la mise à jour semestrielle du rapport sur l’électricité publié par l’AIE, la demande d’électricité devrait croître de 3,3 % en 2025 et de 3,7 % en 2026, soit plus du double du taux de croissance de la demande énergétique totale au cours de la même période. Ce rapport souligne la progression constante de la demande d’électricité pour alimenter les usines et les équipements électroménagers, climatiser les bâtiments, faire fonctionner les centres de données en expansion, recharger les véhicules électriques, entre autres. Si les dernières prévisions marquent un léger ralentissement par rapport à la forte hausse de 4,4 % enregistrée en 2024, elles demeurent bien supérieures à la moyenne de 2,6 % observée entre 2015 et 2023.
Les énergies renouvelables devraient dépasser le charbon en tant que première source mondiale de production d’électricité dès 2025, ou au plus tard en 2026, selon les conditions météorologiques et les prix des combustibles. Parallèlement, la production nucléaire atteindrait des niveaux records, portée par la remise en service de réacteurs au Japon, une production soutenue aux États-Unis et en France, ainsi que par de nouvelles capacités principalement en Asie. La progression régulière de la production d’électricité à partir du gaz naturel devrait continuer à remplacer le charbon et le pétrole dans de nombreuses régions.
En conséquence, les émissions mondiales de dioxyde de carbone provenant de la production d’électricité devraient se stabiliser en 2025 et enregistrer une légère baisse en 2026, bien que cette trajectoire demeure sensible aux aléas climatiques et conjoncturels.
« La croissance de la demande mondiale d’électricité devrait rester solide jusqu’en 2026, malgré un contexte économique incertain », a déclaré Keisuke Sadamori, Directeur des marchés de l’énergie et de la sécurité énergétique à l’AIE. « L’expansion vigoureuse des énergies renouvelables et du nucléaire transforme progressivement les marchés électriques dans de nombreuses régions. Mais cela doit être accompagné d’investissements accrus dans les réseaux, le stockage et d’autres formes de flexibilité pour garantir une fourniture sûre et abordable. »
Les économies émergentes d’Asie représenteront la majeure partie de la croissance de la demande mondiale d’électricité. La Chine et l’Inde devraient à elles seules contribuer à hauteur de 60 % à cette croissance entre 2025 et 2026. La demande devrait s’accélérer à 5,7 % en Chine et 6,6 % en Inde en 2026, contre respectivement 5 % et 4 % en 2025. Aux États-Unis, l’essor rapide des centres de données devrait maintenir la croissance annuelle de la demande au-dessus de 2 % sur les deux années, soit plus du double de la moyenne de la décennie précédente. En revanche, dans l’Union européenne, la consommation d’électricité devrait progresser plus lentement, autour de 1 % cette année, avec une légère accélération prévue en 2026.
Durant le premier semestre 2025, les prix de gros de l’électricité ont augmenté de 30 à 40 % dans l’Union européenne et aux États-Unis par rapport à la même période en 2024, en raison de la hausse des prix du gaz naturel sur un marché mondial plus tendu. Si les prix moyens de l’électricité restent inférieurs aux niveaux annuels de 2023, ils demeurent toutefois supérieurs à ceux de 2019. Par ailleurs, la fréquence des prix de gros négatifs augmente dans plusieurs marchés, illustrant la nécessité d’une flexibilité accrue de l’offre et de la demande, ainsi que de cadres réglementaires adaptés pour renforcer la réponse de la demande et le stockage énergétique.
Les écarts de prix de l’électricité restent importants entre régions, avec des conséquences pour la compétitivité des secteurs industriels. Les prix moyens de l’électricité pour les industries à forte intensité énergétique dans l’Union européenne sont encore deux fois plus élevés qu’aux États-Unis et bien supérieurs à ceux observés en Chine. Ces différences continuent de représenter un défi pour la compétitivité des industries européennes fortement consommatrices d’énergie.