Gaza : vive inquiétude face à la décision israélienne de radier les ONG

NEW YORK, 6 août 2025 (WAM) — Les agences humanitaires ont alerté mercredi sur le risque imminent d’interruption massive de l’aide vitale dans la bande de Gaza, en raison de nouvelles exigences imposées par Israël aux organisations humanitaires internationales, les obligeant à fournir des informations sensibles sur leurs employés palestiniens.
Selon l’Équipe humanitaire des Nations unies en territoire palestinien occupé (OPT), composée d’agences onusiennes et de plus de 200 ONG locales et internationales, la majorité des organisations non gouvernementales internationales opérant à Gaza et en Cisjordanie pourraient être contraintes de cesser leurs activités d’ici au 9 septembre. Cette situation découle d’une directive israélienne entrée en vigueur le 9 mars, exigeant notamment les noms, coordonnées, pièces d’identité et informations personnelles — y compris le statut marital et les passeports des membres de famille — de tous les employés, palestiniens et étrangers.

Sans inscription conforme à ce nouveau système, les ONG sont désormais interdites d’acheminer des fournitures vers Gaza. Le mois dernier, les autorités israéliennes ont rejeté les demandes de 29 d’entre elles pour l’envoi d’aide humanitaire, invoquant leur « non-autorisations ».
Les conséquences de cette politique sont déjà visibles. Des livraisons critiques de médicaments, nourriture et articles d’hygiène ont été bloquées. « Ce sont surtout les femmes, les enfants, les personnes âgées et les personnes en situation de handicap qui en souffrent », indique le communiqué de l’équipe humanitaire, avertissant que cela accroît considérablement les risques d’exploitation et d’abus.

Les ONG internationales jouent un rôle essentiel à Gaza, notamment en soutenant les capacités opérationnelles des organisations locales. Cette coopération étant aujourd’hui menacée, des centaines de milliers de personnes pourraient être coupées de toute assistance alimentaire, médicale, logistique ou de protection.
Le collectif humanitaire a exhorté Israël à renoncer à ces exigences, rappelant qu’entraver l’accès humanitaire constitue une violation du droit international humanitaire. « Nous recevons chaque jour des rapports de décès dus à la famine, alors que Gaza est confrontée à des conditions de famine », souligne le communiqué.

Les agences de l’ONU, tout comme de nombreux partenaires humanitaires, maintiennent leur présence à Gaza malgré ces défis, mais avertissent que sans changement de politique rapide, leur capacité à répondre aux besoins humanitaires déjà extrêmes sera irrémédiablement compromise.