Guterres appelle à une action urgente pour encadrer l’usage militaire de l’intelligence artificielle

NATIONS UNIES – NEW YORK, le 7 août 2025 (WAM) – Le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a exhorté la communauté internationale à agir sans délai pour réguler l’utilisation de l’intelligence artificielle (IA) dans le domaine militaire, mettant en garde contre les menaces que représente cette technologie pour la paix et la sécurité internationales.

Dans un rapport adressé à l’Assemblée générale des Nations Unies, Guterres a réaffirmé l’opposition catégorique de l’ONU à toute utilisation de systèmes dotés de l’autorité discrétionnaire de donner la mort. Il a qualifié ces technologies de « moralement odieuses ».


Le chef de l’ONU a souligné la nécessité d’orienter le développement de l’IA vers des applications pacifiques, capables de contribuer aux objectifs de développement durable. Il a toutefois exprimé son inquiétude face à l’utilisation croissante de cette technologie dans les conflits armés, notant que si l’IA peut améliorer la précision des opérations militaires et réduire les erreurs humaines, elle soulève de graves enjeux éthiques, notamment en matière de responsabilité humaine dans les zones à forte densité de population.


Guterres a insisté pour que les décisions relatives à l’usage de la force, en particulier celles concernant les armes nucléaires, demeurent exclusivement entre les mains des humains. Il a également rappelé l’obligation pour les États de respecter le droit international, y compris la Charte des Nations Unies, le droit international humanitaire et le droit international des droits de l’homme tout au long du cycle d’utilisation de l’IA.


Le Secrétaire général a averti que l’IA pourrait faciliter l’acquisition ou le développement d’armes biologiques ou chimiques par des acteurs non étatiques. Il a appelé les États à procéder à une évaluation méthodique des risques, à se préparer à y répondre et à respecter pleinement leurs engagements internationaux en matière de désarmement et de non-prolifération.

Il a également exprimé son inquiétude concernant la militarisation croissante des applications civiles de l’IA, en raison de leur facilité de détournement, ce qui compromet la transparence et la responsabilité.


Guterres a recommandé la création d’un mécanisme international global visant à encadrer l’usage de l’IA dans le domaine militaire et à en évaluer les impacts sur la paix et la sécurité mondiales. Il a proposé que cette question soit examinée lors de la 80e session de l’Assemblée générale des Nations Unies, prévue en septembre prochain.

Cette initiative s’inscrit dans une dynamique mondiale visant à poser des garde-fous éthiques, juridiques et sécuritaires autour du développement rapide de l’intelligence artificielle, dans un esprit de coopération internationale et de préservation de la paix.