VARNA, 10 novembre 2025 (WAM) – Le navire de recherche bulgare Saints Cyril and Methodius a quitté le port de Varna, marquant officiellement le lancement de la 34ᵉ saison bulgare de recherche en Antarctique. Pour la deuxième année consécutive, une équipe scientifique émirienne participe à la mission dans le cadre du Programme polaire des Émirats arabes unis, une initiative nationale visant à renforcer la contribution du pays à la recherche polaire internationale, en collaboration avec l’Institut antarctique bulgare.
La cérémonie de lancement s’est déroulée en présence du Dr Abdulla Al Mandous, président de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) et directeur général du Centre national de météorologie (NCM) des Émirats arabes unis, à l’invitation du professeur Hristo Pimpirev, directeur de l’Institut antarctique bulgare. Celui-ci a salué la coopération scientifique croissante avec les Émirats, soulignant que l’équipe émirienne poursuivra ses travaux dans les laboratoires du pays situés à la base bulgare en Antarctique, où se développeront les projets de recherche lancés en 2024 sous le Programme polaire des Émirats arabes unis. Ce programme vise à renforcer les capacités nationales en sciences polaires et à accroître la contribution du pays à la recherche climatique mondiale.
Le navire Saints Cyril and Methodius constitue une plateforme européenne de recherche pluridisciplinaire offrant un appui scientifique et logistique à l’expédition bulgare durant un voyage de près de 50 jours vers l’Antarctique, qui s’achèvera à Punta Arenas, au Chili. La mission scientifique débutera ensuite en janvier 2026 sur l’île Livingston.
L’équipe émirienne comprend Ahmad Al Kaabi et Badr Al Ameri (NCM), Omar Al Attas (Université Khalifa) et Abdullah Al Raisi (Abu Dhabi Polytechnic). Ces chercheurs mèneront plusieurs projets de recherche avancés, dont le transport a été assuré à bord du navire bulgare : des laboratoires polaires mobiles, une station météorologique pour surveiller les variables atmosphériques, une station marégraphique pour mesurer la fonte des glaces et les niveaux marins, ainsi qu’un équipement de pointe pour analyser le méthane dans le pergélisol et les sédiments glaciaires.
Dans le cadre du programme polaire, le Centre national de météorologie a déjà mis en œuvre une initiative éducative ayant impliqué cinq établissements académiques nationaux et sensibilisé près de 750 étudiants, afin de promouvoir la culture scientifique et environnementale au sein de la jeunesse émirienne.
En Bulgarie, l’équipe émirienne a participé à un atelier scientifique conjoint avec l’Institut antarctique bulgare, consacré aux nouveaux projets de recherche, à l’échange d’expertises sur la surveillance polaire et aux examens médicaux préparatoires avant le déploiement en Antarctique. Leur départ pour Punta Arenas est prévu le 15 décembre, avant une traversée maritime de cinq jours du passage de Drake, avec une arrivée anticipée début janvier 2026.
Mariam bint Mohammed Almheiri, cheffe du Bureau des affaires internationales à la Cour présidentielle et présidente du Comité de la mission polaire des Émirats arabes unis, a déclaré : « Cette mission conjointe incarne l’engagement des Émirats arabes unis envers la diplomatie scientifique et la coopération internationale en matière de recherche et d’innovation. Le partenariat avec la République de Bulgarie illustre notre volonté de bâtir des ponts de connaissance, d’échanger des expertises et de consolider le rôle des Émirats en tant qu’acteur actif dans la construction d’un avenir durable pour l’humanité. »
De son côté, le Dr Abdulla Al Mandous a affirmé que la participation émirienne s’inscrivait dans une vision stratégique à long terme visant à mobiliser la science au service des sociétés et du climat mondial : « La présence continue de notre équipe en Antarctique pour une deuxième année consécutive démontre l’engagement du pays envers une diplomatie scientifique fondée sur le travail de terrain et la coopération internationale. L’Antarctique est un écosystème sensible influençant directement le climat mondial ; son étude est essentielle pour comprendre les transformations climatiques qui s’accélèrent à l’échelle de la planète. »
Il a rappelé que cette coopération avec l’Institut antarctique bulgare avait permis l’installation, l’an dernier, des deux premières stations arabes de surveillance météorologique et sismique en Antarctique – un jalon majeur pour la présence scientifique arabe et un avancement significatif des recherches sur la cryosphère et les écosystèmes affectés par le changement climatique.
Le professeur Ebrahim Al Hajri, président de l’Université Khalifa, a salué la participation de ses étudiants à cette mission internationale, affirmant que l’université, à travers son Centre de recherche polaire, œuvre à renforcer la position des Émirats dans les sciences polaires et à développer des applications scientifiques innovantes face aux défis climatiques mondiaux.
Par son engagement croissant dans la recherche polaire, les Émirats arabes unis réaffirment leur rôle de leader dans la lutte contre le changement climatique, leur volonté de faire progresser la compréhension scientifique des régions les plus sensibles de la planète, et leur investissement dans la formation d’une nouvelle génération de chercheurs émiratis capables de contribuer à un avenir scientifique durable au service de l’humanité.