ABOU DHABI, le 17 novembre 2025 (WAM) – Chercheurs, collectionneurs et amateurs de littérature anglaise pourront découvrir – et, pour les institutions et collectionneurs intéressés, acquérir – l’un des ouvrages les plus importants jamais imprimés : le First Folio (1623) de William Shakespeare.
Présenté par la maison britannique Peter Harrington, spécialiste mondiale des livres rares, un exemplaire de cette œuvre fondatrice sera proposé à la vente pour 4,5 millions de livres sterling lors de la foire de l'Art Abou Dhabi , qui se tiendra du 19 au 23 novembre à Manarat Al Saadiyat. Il s’agit de l’un des 24 exemplaires encore conservés dans des collections privées.
Aucune institution, bibliothèque ou collection privée du Moyen-Orient ne possède actuellement d’exemplaire du First Folio. Sa présentation à Abou Dhabi constitue donc une occasion exceptionnelle pour un collectionneur ou une institution culturelle de la région de rejoindre les plus grands établissements au monde – de la Folger Shakespeare Library de Washington à la British Library de Londres – dans la préservation de ce trésor littéraire sans égal.
« L’œuvre de Shakespeare transcende le temps et les frontières », souligne Pom Harrington, propriétaire de Peter Harrington. « Elle a profondément influencé la langue anglaise. Mais lorsqu’on observe l’enthousiasme que suscite le Folio partout où il est exposé – de la Tasmanie à Toronto – on mesure combien il est extraordinaire qu’un livre du XVIIᵉ siècle puisse encore inspirer admiration et fascination, des siècles plus tard et si loin de son lieu d’origine. »
Imprimé à Londres en 1623 par Isaac Jaggard et Edward Blount, le First Folio est la première édition rassemblant l’ensemble des pièces de Shakespeare. Il préserve 36 œuvres, dont 18 qui auraient autrement disparu à jamais. Sans ce volume, le monde n’aurait jamais connu Macbeth, La Nuit des rois, Jules César ou La Tempête.
Son impression, entièrement réalisée à la main, a duré près de deux ans. Plusieurs compositeurs participèrent au travail, chacun avec ses particularités orthographiques et typographiques, ce qui rend chaque exemplaire unique. À l’époque déjà, l’ouvrage était considéré comme un objet prestigieux, dont le coût représentait jusqu’à deux mois de salaire d’un ouvrier qualifié. Sur les quelque 750 exemplaires imprimés initialement, seuls 233 sont aujourd’hui recensés, dont seulement 24 conservés dans le domaine privé.