ABOU DHABI, 6 janvier 2026 (WAM) – Les Émirats arabes unis et la Commission de l’Union africaine (CUA) ont tenu, le 6 janvier 2026 à Addis-Abeba, une réunion de haut niveau entre Cheikh Shakhboot bin Nahyan Al Nahyan, ministre d’État des Émirats arabes unis, et Mahmoud Ali Youssouf, président de la Commission de l’Union africaine.
Cette réunion s’inscrit dans le prolongement de la première session des consultations politiques organisée à Abou Dhabi le 13 septembre 2025, dans le cadre du protocole d’accord signé en 2019, et a réaffirmé l’engagement commun des deux parties à renforcer davantage le partenariat entre les Émirats arabes unis et l’Union africaine.
Les deux parties ont passé en revue les progrès réalisés depuis les consultations inaugurales, échangé leurs points de vue sur les domaines prioritaires de coopération et réitéré leur attachement à un dialogue politique durable et continu.
Elles ont souligné l’importance centrale de l’Agenda 2063 de l’Union africaine, en particulier de son initiative phare « Faire taire les armes d’ici 2030 », ainsi que de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), mettant en évidence la relation complémentaire entre paix, sécurité, commerce et développement.
Dans ce contexte, les deux parties sont convenues d’intensifier leur coopération au soutien de ces priorités stratégiques, reconnaissant qu’une paix durable constitue le socle de l’intégration économique, tandis que l’expansion des échanges commerciaux et des investissements contribue à la stabilité, à la résilience et au développement durable en Afrique.
Les discussions ont également salué le lancement par les Émirats arabes unis de l’initiative « Intelligence artificielle pour le développement », dotée d’un milliard de dollars américains et annoncée lors du sommet des dirigeants du G20 à Johannesburg en novembre 2025. Les deux parties ont souligné le potentiel de cette initiative pour soutenir les priorités de développement du continent africain à travers l’innovation et la transformation numérique.
Le ministre d’État et le président de la Commission ont échangé leurs analyses sur les dynamiques de paix et de sécurité dans la Corne de l’Afrique, soulignant l’interdépendance étroite entre la stabilité dans cette région et la sécurité dans le Golfe arabique, notamment en matière de sécurité maritime et de prospérité régionale.
S’agissant du Soudan, les deux parties ont insisté sur la nécessité d’un cessez-le-feu humanitaire immédiat et inconditionnel, d’un arrêt permanent des hostilités, d’un accès humanitaire sans entrave sur l’ensemble du territoire soudanais, de la reddition de comptes pour les violations du droit international humanitaire, ainsi que de l’établissement d’un gouvernement civil indépendant reflétant les aspirations du peuple soudanais.
Les deux parties ont rappelé la déclaration conjointe publiée par la Commission de l’Union africaine et l’IGAD le 14 septembre 2025, saluant la déclaration conjointe du QUAD du 12 septembre 2025. Elles ont également évoqué la Conférence humanitaire de haut niveau tenue en marge du sommet de l’Union africaine en février 2025, salué les efforts régionaux et internationaux visant à répondre à la crise humanitaire et condamné les atrocités commises contre les civils par les parties belligérantes. Elles ont réaffirmé leur soutien à l’intégrité territoriale et à l’unité du Soudan, ainsi qu’à la nécessité d’un règlement pacifique.
Concernant la Somalie, les deux parties ont réaffirmé leur soutien à la souveraineté, à l’intégrité territoriale, à la sécurité et à la stabilité du pays.
Les deux parties ont également réaffirmé que l’occupation par l’Iran des trois îles des Émirats arabes unis – la Grande Tunb, la Petite Tunb et Abou Moussa – constitue une violation de la souveraineté des Émirats arabes unis et des principes de la Charte des Nations Unies. Elles ont renouvelé leur soutien à l’appel des Émirats arabes unis en faveur d’un règlement pacifique de ce différend, conformément au droit international, notamment par le biais de négociations bilatérales ou du recours à la Cour internationale de Justice.
Dans le contexte du thème de l’Union africaine pour 2026 consacré à l’eau et à l’assainissement, les deux parties ont mis en avant la Conférence des Nations Unies sur l’eau de 2026, coprésidée par les Émirats arabes unis et la République du Sénégal, comme une opportunité majeure de faire progresser l’action mondiale en faveur de la résilience hydrique. Elles sont convenues de coopérer étroitement afin d’aboutir à des résultats concrets, orientés vers l’action et mesurables à travers le continent africain, notamment à travers des initiatives telles que l’Initiative Mohamed bin Zayed pour l’eau.
Les deux parties ont enfin réaffirmé leur engagement à approfondir la coopération entre la Commission de l’Union africaine et les Émirats arabes unis autour de priorités communes, au service de la paix, de la stabilité et du développement durable.