CHARJAH, 4 février 2026 (WAM) – Le 25e Forum international de Charjah pour la biodiversité arabe, organisé par l’Autorité pour l’environnement et les zones protégées (EPAA), se poursuit au Safari de Charjah jusqu’au 5 février, abordant les enjeux environnementaux prioritaires dans la péninsule arabique.
L’événement réunit quelque 180 experts, chercheurs et vétérinaires de pays arabes, aux côtés d’institutions scientifiques et de recherche internationales.
Parmi les sessions notables, des spécialistes ont présenté leurs expériences de terrain sur la réhabilitation des cormorans et des mouettes. Intitulée « Perspectives cliniques, thérapeutiques et pathologiques sur les cormorans réhabilités », la session animée par les Drs Miceala Shocklee et Daniela Dink a souligné que l’émaciation constitue une problématique majeure, rendant les oiseaux plus vulnérables aux blessures et à la prédation. Les parasites internes aggravent cet état lorsqu’ils sont associés à une mauvaise condition physique.
Les discussions ont mis en lumière les blessures fréquentes liées à l’activité humaine, telles que l’ingestion d’hameçons, les lésions des tissus mous et la présence de parasites externes. L’importance d’un diagnostic précis et d’un traitement adapté a été soulignée pour garantir la guérison et une remise en liberté sécurisée.
Une autre intervention, présentée par les Drs Sara Zavala, Shamma AlEissaee et Nina Gianelli sous le titre « Données pathologiques sur les mouettes secourues », a mis en évidence le rôle crucial de la nécropsie dans la compréhension des causes de mortalité. Les maladies rénales sont apparues comme un facteur commun, pouvant entraîner des complications neurologiques sévères.
Un panel intitulé « Triage, stabilisation, réhabilitation et suivi post-libération », animé par les Drs Tres Clarke et David Roberts, a abordé les défis opérationnels des centres de secours. Les intervenants ont notamment souligné les coûts élevés des soins de longue durée, la nécessité de critères rigoureux pour évaluer l’aptitude à la libération et l’importance du suivi post-libération via des méthodes de traçabilité appropriées.
Un atelier sur l’évaluation EICAT a mis en avant l’importance d’approches scientifiques unifiées pour classer l’impact des espèces invasives et orienter les politiques de contrôle. Une autre session a abordé le rôle fondamental de la Liste rouge de l’UICN dans la documentation de la biodiversité et la planification de zones protégées.
La menace posée par les fourmis invasives a été développée par le Dr Mustafa Sharaf, entomologiste au musée de la faune du Parc désertique de Charjah. Ces espèces, facilitées par les activités humaines, peuvent perturber les écosystèmes et transmettre indirectement des pathogènes, notamment dans les environnements sensibles comme les hôpitaux. Les exemples internationaux révèlent des pertes économiques considérables. Le charançon rouge du palmier a également été identifié comme l’un des ravageurs les plus dangereux dans la région arabe.
En conclusion, les participants ont insisté sur la nécessité de renforcer la coopération régionale et internationale, de favoriser l’échange d’expertises scientifiques et d’impliquer les communautés locales dans le signalement précoce des incidents environnementaux. La mise en place de bases de données unifiées a été identifiée comme un pilier fondamental pour la protection des écosystèmes côtiers et terrestres, en appui aux Objectifs de développement durable et à la préservation du patrimoine naturel de la péninsule arabique.