SMG : un expert met en garde contre le déclin démographique, défi majeur pour les gouvernements de demain

DUBAÏ, 5 février 2026 (WAM) -- Une session de haut niveau, organisée lors de la dernière journée du Sommet mondial des gouvernements (WGS) 2026, a mis en lumière les profondes implications de la transformation démographique mondiale sur l’avenir de la gouvernance, la durabilité économique et le développement social. Intitulée « Le grand changement démographique : le rôle du gouvernement », la session a été animée par le célèbre démographe et auteur Paul Morland.

Paul Morland a remis en question les idées reçues concernant la surpopulation, notant que, malgré le fait que la population mondiale ait atteint huit milliards, le niveau de vie n’a cessé de s’améliorer grâce à l’innovation et à l’ingéniosité humaine. Citant l’économiste Julian Simon, il a déclaré : « Le cerveau humain est la ressource ultime », soulignant le rôle de la créativité pour surmonter les contraintes liées aux ressources.

Il a expliqué que la croissance démographique mondiale ralentit rapidement, un nombre croissant de pays connaissant des taux de fécondité inférieurs au seuil de renouvellement et plus de décès que de naissances. Paul Morland a averti que le déclin démographique entraîne une contraction économique et une détérioration sociale plutôt que la prospérité, affirmant : « La réalité du déclin de la population humaine n’est pas l’épanouissement humain, mais le dépérissement humain. »

Paul Morland a présenté quatre grandes pressions démographiques qui façonneront les économies futures, qu’il a qualifiées de « quatre gris » : le travail gris, désignant la diminution et le vieillissement de la main-d’œuvre qui réduisent la productivité et l’innovation ; le capital gris, où les ressources financières sont de plus en plus concentrées chez les populations âgées, limitant l’investissement dans l’entrepreneuriat ; les consommateurs gris, caractérisés par une demande croissante de services nécessitant beaucoup de main-d’œuvre dans un contexte de pénurie de travailleurs ; et les budgets gris, alors que les sociétés vieillissantes exercent une pression croissante sur les finances publiques à travers les coûts de santé, de retraites et de soins sociaux.

Il a souligné que, si l’immigration peut partiellement compenser les pénuries de main-d’œuvre, il ne s’agit pas d’une solution durable à long terme, car les taux de fécondité diminuent à l’échelle mondiale et les populations migrantes vieillissent également. Dans ce contexte, Paul Morland a cité les Émirats arabes unis comme un modèle distinctif pour leur capacité à attirer des talents mondiaux afin de stimuler le développement.

Paul Morland a insisté sur le rôle crucial des gouvernements dans la gestion des défis démographiques, en facilitant la formation des familles grâce à un logement abordable, des services de garde accessibles, des politiques fiscales incitatives et des initiatives favorisant l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée. Il a ajouté que les gouvernements ont également un rôle à jouer dans la formation de la culture en restaurant la valeur sociale de la vie familiale.

En conclusion de la session, Paul Morland a appelé à une action coordonnée entre les gouvernements, les entreprises et les sociétés pour répondre aux réalités démographiques, soulignant que la planification de la gouvernance à long terme doit placer la durabilité démographique au centre des futurs cadres politiques. Il a insisté sur la nécessité de dépasser les idées dépassées concernant la croissance démographique et d’agir avec urgence, déclarant : « Nous devons la comprendre. Nous devons l’expliquer, et nous devons agir… car si nous voulons un avenir humain, il nous faudra des humains pour l’habiter. »